Arawak

Autre nom

lokono

Famille de langues

famille arawak (autre langue de la même famille parlée en Guyane : le palikur)

Grands traits linguistiques

L’arawak a 16 consonnes (17 dans certains dialectes du Surinam) et 5 voyelles. La longueur vocalique est pertinente.

La syntaxe, de type actif, distingue des structures actancielles qui permettent de classer les verbes en verbes d’action et verbes statifs. Une classe verbale particulière marque une transitivité faible et un moindre degré d’affectation du patient. Il y a deux séries de marques personnelles.  Si l’on représente l’agent par A et le patient par O, alors : - on a un préfixe dans la forme verbale pour marquer A ; la même série de préfixes représente le possessif dans un groupe nominal et le régi avec un relateur (type postposition). - une autre série d’indices personnels marque O dans les verbes transitifs, et le participant unique dans les verbes non actifs. Ces indices personnels se placent tout à fait en fin de phrase, après des participants plus périphériques tels que les circonstants. Pourtant leur structure phonique et leur faible autonomie dans le schéma rythmique et intonationnel en font plutôt des clitiques que des pronoms.

Le verbe marque l’aspect. Les mêmes morphèmes s’associent sous certaines conditions à des nominaux. Ce sont des particules relativement autonomes du point de vue de la position, qui inscrivent l’énoncé dans le temps.

Différents procédés morphologiques (particules, suffixes, redoublement du radical) ou syntaxiques (ordre des termes, répétition) modalisent le propos et mettent en valeur certaines affinités sémantiques (connues aussi dans d’autres langues) telles que : augmentatif et intensité, diminutif et négation, finalité et transitionnel.

Le genre/nombre conforme une catégorie : masculin d’une part, pluriel d’autre part, sont deux termes marqués en opposition avec le non-marqué qui regroupe l’animé féminin, l’inanimé, le continu (non dénombrable) et le discontinu non dénombré.

Aire géographique

- En Guyane : Saint Laurent (villages de Balaté et Saut-Sabbat) et Matoury (Sainte Rose de Lima et village arawak Cecilia) - Ailleurs : au Surinam (2 000 personnes environ), en Guyana (15 000 personnes environ, dont 10% de locuteurs, et au Venezuela (250 locuteurs). Il existe une émigration aux Pays-Bas.

Nombre de locuteurs en Guyane

Environ 900 personnes, dont de nombreux métis, se reconnaissent comme Arawak, mais le nombre de vrais locuteurs de la langue doit être très inférieur (entre dix et vingt ?), malgré un souci récent de réappropriation de la langue.

Histoire

Tout comme leurs “cousins” des Antilles, les Arawak continentaux ont été pendant des siècles les rivaux des Caribes et en particulier des Kali’na, ce qui les a fréquemment conduits à s’allier avec les colons européens. La plupart des Arawak de Guyane française sont d’origine surinamienne.

Enseignement

On ne connaît pas de présence scolaire.

Source : CNRS, CELIA

Type de langue: 
Zone Caraïbe