Berbère

Le berbère est une des branches de la grande famille chamito-sémitique (ou afro-asiatique dans la terminologie américaine) qui comprend également les langues sémitiques (arabe, hébreu…), le copte et l’égyptien ancien, les langues couchitique (Nil supérieur) et les langues tchadiques (haoussa…). Aussi loin qu’on puisse remonter, le berbère est déjà installé dans son territoire actuel : l’Afrique du nord et le Sahara (moins la vallée du Nil). Il n’existe, en effet aucune trace d’une origine du berbère extérieure à cette région, ni de la présence d’un substrat pré-berbère.

Fragmenté en de nombreuses variétés appelées chleuh, tamazight, rifain au Maroc, kabyle, chaouia, mozabite en Algérie, touareg dans les régions sahariennes, la langue berbère, qui a été récemment reconnue comme « langue nationale » en Algérie, reste sans reconnaissance institutionnelle au Maroc. Le touareg a également statut de langue nationale au Niger et au Mali.

Le nombre de locuteurs du berbère serait d’environ 20 millions ; ils représenteraient 20 à 25 % de la population algérienne, 35 à 40 % de la population marocaine.  Par exemple, Ethnologue recense au Maroc :  3 millions de personnes parlant Tachelhit (chleuh), variante qui s’étend de Marrakech et l’océan atlantique au Nord-Ouest (Agadir, Essaouira) à Tiznit et Ouarzazat au Sud-Est. 3 millions également de locuteurs pour la variante tamazight qui se répand sur un vaste territoire allant de Tiffelt, Taza et Guercif au Nord jusqu’à Boudnib, Tafilatet et Zagora au Sud. 1,5 millions de locuteurs pour la variante tarifit (berbère du Rif, rifain) avec notamment la ville de Tanger. Cet idiome est parmi les berbères du Maroc celui qui emprunte le plus de termes lexicaux à l’arabe. En Algérie Ethnologue propose également : Plus de 2,5 millions de Kabyles, à l’est d’Alger. Cette région est très réduite en superficie mais fortement peuplée. Environ 1,4 millions de locuteurs en chaoui(a). Cette variante est parlée dans l’Aurès

Enfin, il reste quelques îlots berbères plus restreints à Ouarsenis, dans le Mzab (70 à 75 000) ou encore à Gourara (environ 40 000), dans les oasis de l’Ouest de l’Egypte. S’y ajoutent les populations touaregs qui vivent en Algérie, au Niger, au Mali et en Lybie : plus de 60 000 locuteurs.

De tradition orale, le berbère se maintient plus facilement dans les zones rurales et montagneuses, étant moins en contact avec d’autres langues. La plupart des berbérophones sont bilingues, ils comprennent l’arabe qu’ils utilisent dans leurs contacts avec les non-berbérophones. Marginalisées, les dialectes berbères sont très peu standardisés. Il possèdent tout de même depuis plus de deux millénaires un système d’écriture consonantique, appelé tifinagh. Depuis le XXe siècle, l’enseignement du berbère passe par l’alphabet latin ou l’alphabet arabe.

Malgré leur dispersion géographique, les dialectes berbères sont liés entre eux par des structures syntaxiques semblables, des racines lexicales et un vocabulaire souvent similaire.

D’après Salem CHAKER (Inalco)

Type de langue: 
Les langues non-territoriales