Catalan

Bien qu’il présente certains traits hispaniques et que son aire d’extension se situe principalement dans la péninsule ibérique, la tendance majoritaire chez les linguistes est plutôt de classer le catalan dans un groupe « galloroman ». Ce groupe (dans sa définition la plus extensive), comprend également les langues suivantes : l’occitan, le français, le francoprovençal, le rhétoroman (romanche, ladin, frioulan) et, pour certains linguistes, les dialectes nord-italiens (piémontais, ligure, lombard, émilien, vénitien).

L’aire linguistique et culturelle catalane est répartie entre sept territoires administratifs différents appartenant à quatre états : Espagne (Principat de Catalogne, Pays Valencien, Iles Baléares et une partie de l’Aragon limitrophe avec le Principat), France (ancienne province du Roussillon correspondant au département des Pyrénées Orientales), Italie (Enclave de L’Alguer - Alghero en Sardaigne) et Andorre. Elle s’étend sur 750 kilomètres du nord au sud, couvre environ 65.000 km2 et concerne plus de onze millions d’habitants, dont dix millions et demi habitent des régions où le catalan est langue co-officielle (Espagne) ou seule langue officielle (Andorre).

Histoire de la langue et de ses usages

Eléments d’histoire linguistique et glottopolitique

Le premier catalan vulgaire s’est formé dans les Pyrénées de l’est, du haut Urgell à la côte du Roussillon et de l’Empordà, avec déjà des différences entre catalan oriental et occidental, qui se projetteront vers le sud et les îles, suivant en cela les repeuplements de la reconquête.  Dès le IXe siècle, les documents rédigés en latin dans les territoires catalans laissent entrevoir l’existence d’une langue parlée déjà très différente du latin.  Après la fin du XIe siècle, les éléments vulgaires inclus dans les textes latins sont si fréquents qu’ils permettent de décrire avec une certaine exactitude la situation du catalan pré-littéraire.  Au début du XIIe siècle, l’accès du vulgaire à l’écrit est un fait accompli, qui ne trouve plus d’obstacles. Dès lors l’usage écrit du catalan se développe, non seulement dans le champ littéraire mais aussi dans le champ juridique et administratif.  Aux XIVe et XVe siècles, le catalan est langue administrative et de chancellerie non seulement en Catalogne, mais aussi dans tous les territoire de la Méditerranée occidentale dépendant du royaume d’Aragon. Cela amènera à des compilations juridiques en catalan, telles que les Usatges de Barcelona et le code maritime du Consolat de Mar.

Après le mariage de Ferdinand d’Aragon et d’Isabelle de Castille et l’« union » des deux royaumes, l’usage administratif et juridique du catalan entre dans une phase de lent déclin. Aux environs de 1650, le Roussillon est rattaché à la France qui y impose l’usage du français. En Espagne, le décret de Nova Planta appliqué en 1707 à Valence, en 1716 dans le Principat et en 1717 aux Baléares, établit le castillan (espagnol) comme seule langue des actes publics et des documents administratifs. En 1768, il devient la seule langue autorisée dans l’enseignement. En 1799, les représentations théâtrales en catalan sont interdites.

Malgré l’absence d’un statut officiel de la langue, le mouvement renaissantiste du XIXe siècle aboutit à la création en 1907 de L’Institut d’Estudis Catalans (Institut d’Études Catalanes) chargé de normaliser la langue et de la doter de structures stables et homogènes. Les normes orthographiques modernes furent promulguées en 1913. La mise en place des autres instruments de référence fut rapide : dictionnaire de la langue (1917), grammaire moderne (1918), dictionnaire lexicographique, bibliothèque nationale (1914).

La Généralité républicaine (1931-1939) reconnaît la co-officialité du catalan dans le cadre du statut d’autonomie de 1932. La Catalogne perd ce statut après la victoire de Franco et l’usage public du catalan est de nouveau interdit.

Après le franquisme le catalan va retrouver un statut officiel. La Constitution espagnole de 1978 dispose que les langues d’Espagne autres que le castillan sont également officielles dans les Communautés autonomes si elles le souhaitent. C’est le cas, pour le catalan, de la Catalogne (1979), du Pays Valencien (1982), des Îles Baléares (1983), et de l’Aragon (2001). La politique de normalisation linguistique de la Généralité de Catalogne, avec l’appui de l’opinion publique, a amené l’usage du catalan au Parlement régional, dans les administrations autonomes ou dans les administrations déconcentrées de l’État.

En Andorre, État indépendant et souverain, le catalan est la seule langue officielle.

En France, le catalan ne bénéficie pas d’une reconnaissance officielle ni d’un statut juridique précis, tout comme les autres langues territoriales. Cependant, il bénéficie de dispositions réglementaires qui permettent son enseignement à tous niveaux et un CAPES interne et externe. Par contre, à l’Université, pour les diplômes d’État, le catalan a statut de langue vivante étrangère. C’est le seul cas en France parmi les langues territoriales ou régionales.

A la demande du Parlement de Catalogne, à l’unanimité des partis politiques, le Parlement Européen a accepté en 1990 que le catalan devienne la 10ème langue officielle de la Communauté Européenne. Mais comme l’irlandais, il n’est pas langue de travail et de communication interne des institutions européennes. Les traités et les textes légaux sont traduits en catalan et l’U.E. utilise cette langue (parlée et écrite) à sa délégation de Barcelone. Dans les institutions internationales, la reconnaissance du catalan s’est faite en juillet 1993, lors de l’admission de l’Andorre comme 184e membre de l’ONU ; le chef du gouvernement andoran Òscar Ribas prononça en catalan son discours devant l’Assemblée Générale à New York.

Éléments d’histoire littéraire

Les premiers textes littéraires écrits en Catalogne, des poésies, l’ont été en occitan. En effet, parmi les troubadours des 12e et 13e siècles, plusieurs sont catalans, tels Guillem de Berguedà, Guillem de Cabestany, Ponç d’Ortafà ou Cerverí de Girona. Les premiers textes pouvant être considérés comme catalans, des commentaires de l’évangile, les Homilies (homélies) d’Organyà et une traduction en catalan d’un ouvrage de droit, le Liber Judiciorum, datent du milieu du 12e siècle. Le texte de la Cançó de Santa Fe, retrouvé en Conflent, serait du 11e siècle.

C’est au XIIIe que se développe une littérature catalane autonome, avec d’emblée des auteurs majeurs, qui contribuent à fixer et à créer une langue littéraire. C’est le cas surtout du prolifique Ramon Llull, une des premières figures de son temps. Citons aussi Arnau de Vilanova, écrivain, philosophe et médecin et l’éclosion d’une tradition de chroniqueurs : le roi Jaume 1er lui-même, avec le Libre dels Feits, Ramon Muntaner et sa Crònica de l’épopée des Almogavares en Orient, ou Bernat Desclot.

Les 14e et 15e siècles sont les siècles d’or, avec une floraison d’auteurs de chroniques, d’ouvrages philosophiques ou théologiques en catalan, de poèmes et des premiers romans. Au 14e siècle citons Ramon de Perellós (Viatge al purgatori), Bernat Metge (Lo Somni), Francesc Eiximenis (Lo cristià, une oeuvre monumentale en 13 volumes), Anselm Turmeda (El llibre de bons amonestaments, La disputa de l’ase). Au 15e siècle écrivent Joanot Martorell, auteur de Tirant lo Blanch, Jaume Roig (Spill), les poètes Jordi de Sant Jordi, Joan Roís de Corella et, surtout, Ausias March.

Les 16e, 17e et 18e siècles, injustement désignés dans les histoires littéraires comme la Decadència (la décadence), n’ont plus de figures littéraires majeures, mais la langue catalane est toujours utilisée par une littérature populaire et par des auteurs plus modestes, que les études actuelles ont tendance à réhabiliter. A cette époque le centre politique et économique s’était déplacé à Madrid et vers l’Atlantique.

Mouvements renaissantistes

En Catalogne et dans les Pays catalans, les mouvements renaissantistes naissent en liaison avec le romantisme européen à partir de 1830. Ils se développent et s’élargissent, tout en changeant d’optique et de contenus pendant le 19e siècle. Ils se poursuivent, avec divers aléas, pendant tout le 20e siècle. Ces mouvements, désignés pour 19e siècle sous le terme général de Renaixença (la Renaissance, du nom d’une publication de l’époque), concerneront l’ensemble du domaine catalan, dont la partie française, avec des dimensions et des manifestations très différentes selon les territoires. Réduit à des aspects littéraires ou d’historiographie à la périphérie, il concernera tous les aspects culturels et sociaux en Catalogne (Principat), où il aboutira même à la création de mouvements politiques de tendances variées et au souhait du rétablissement de la Généralité de Catalogne. Cela sera fait en 1932, sous la République espagnole. Supprimée sous Franco, la Generalitat sera à nouveau rétablie par la Constitution espagnole de 1978.

La Renaixença débute avec la poésie, Bonaventura Aribau et Joaquim Rubió, l’histoire littéraire, Manuel Milà i Fontanals. Elle est surtout marquée par Jacint Verdaguer, Àngel Guimerà et Narcís Oller, mais elle compte de nombreux artistes et auteurs dont Valentí Almirall, Apel•les Mestres, etc, Le terme Renaixença est réservé au mouvement initial car, de l’aube du 20e siècle à aujourd’hui, le mouvement littéraire et culturel catalan se diversifie et participe aux grandes tendances européennes.

À la charnière du siècle, il s’agit du Modernisme (1890-1910), un mouvement culturel très large, qui concerne la littérature, l’art, la décoration, l’architecture.

Le Noucentisme chevauche en partie et lui succède, avec les mouvements divers qu’il génèrera, jusqu’à la guerre civile espagnole. C’est le moment où se mettent en place les principales institutions culturelles et linguistiques catalanes, dont l’académie, la normalisation linguistique (avec Pompeu Fabra), et une grande vitalité littéraire : Eugeni d’Ors, Josep Carner, Carles Riba, Carles Soldevilla. Le sculpteur nord catalan Aristide Maillol participe à ce mouvement. L’Avantguardisme recouvre des mouvements divers, au cours des années 20 et 30, tous en réaction contre le Noucentisme et son « bon goût », jugé trop formaliste.

L’exil des élites et la terrible répression franquiste, qui prendra en Catalogne l’allure d’un ethnocide, se traduisent par une période difficile, avec une production culturelle en partie à l’extérieur et une lente récupération, soutenue par une adhésion sociale de plus en plus large. De grands auteurs publient cependant, Mercè Rodoreda, Xavier Berenguel, Llorenç Villalonga, Pere Calders, Manuel de Pedrolo, Maria Aurèlia Capmany, Baltazar Porcel, Josep Pla, Joan Fuster, Joan Brossa, Salvador Espriu.

Après le franquisme, le mouvement culturel devient multiforme et indissociable de la volonté de récupération de la démocratie, de la langue catalane et des institutions propres. Parmi les principaux auteurs contemporains (l’annuaire des auteurs et écrivains catalans actuels comporte plus de mille nous mentionnerons Montserrat Roig, Vicent Andrés Estellés, Josep Vallverdú, Miquel Martí i Pol, Josep Maria Espinàs, Jaume Fuster, Pere Gimferrer, Josep Maria Benet i Jornet, Quim Monzó, Joan Francesc Mira, Maria de la Pau Janer, Jesús Montcada.

La Catalogne française (Roussillon) participe à ces mouvements barcelonais et catalans et conserve constamment des contacts. Sa base humaine plus réduite, les événements traumatiques des deux guerres mondiales et les changements sociaux font que l’activité des mouvements renaissantistes y est moins active et plus irrégulière. Pendant la longue nuit franquiste, elle sera terre d’accueil d’auteurs, linguistes et artistes, Josep Carner, Pompeu Fabra ou Pau Casals parmi les plus célèbres.

La Renaixença y est plus tardive. Dans le 3ème tiers du 19e siècle sont publiés Justí Pepratx, Josep Bonafont, Pere Talrich ou Albert Saisset « Un Tal ». Le Modernisme s’y manifeste autour de la revue artistique La Clavellina puis La Revue Catalane (1907-1921). La revue Tramontane (1917-1971), créée par Carles Bauby, prendra le relais. Parmi les auteurs, citons Pau Berga, Carles Grando et surtout Josep Sebastià Pons. L’entre-deux-guerres voit la formation du groupe de la Colla del Rosselló puis de Nostra Terra, créé par Alfons Mias, un mouvement culturel mais aussi politique.

Bien que renforcé par des réfugiés venant du sud, le mouvement catalan de l’après-guerre roussillonais est modeste, avec des auteurs de la période antérieure, Carles Grandó, Ludovic Massé, Joan Amade ou Josep Sebastià Pons, et l’émergence d’auteurs nouveaux tels que Jordi Pere Cerdà, Francesc Català, Pere Verdaguer.

Les années 70 puis surtout les années 80 et 90 voient une revitalisation de la culture catalane, avec des liens évidents avec les Pays Catalans, qui deviennent un important marché culturel. Bien que plus modeste que l’éclosion au sud, il convient de souligner la vitalité actuelle de la production littéraire nord catalane, avec de nombreux auteurs nouveaux, comme Jordi Carbonell, Renada Laura Portet, Joan Tocabens, Joan Lluís Lluís ou Patrick Gifreu

Le catalan en France aujourd’hui

Presse Dans la presse locale et régionale, le journal L’Indépendant (racheté par le Midi Libre, lui-même du groupe Hersant) jouit d’un quasi monopole et contrôle l’hebdomadaire La Semaine du Roussillon. La présence du catalan est réduite à un petit article à caractère linguistique ou anecdotique de temps en temps dans le premier, et à une page sur des thèmes variés dans le second. Depuis l’été 1999, à travers une petite rédaction locale, le quotidien El Punt de Girone, publie et diffuse une édition entièrement en catalan El Punt Catalunya Nord. Son audience est encore faible. Comme pour les éditions locales des grands journaux, il s’agit de l’édition générale de Girone comprenant une moyenne de trois à quatre pages locales, dont la première page, qui titre à la fois sur les événements nord-catalans et sur les informations générales. Le panorama est à compléter par une publications à faible diffusion : El Fiçó, feuille satirique mensuelle en catalan.

Médias audiovisuels  La présence du catalan dans les médias français publics et privés est particulièrement mince par rapport à une demande que l’on peut apprécier à travers l’écoute des médias en catalan venant d’Espagne, reçus dans la presque totalité des Pyrénées-Orientales. Cette insuffisance est ressentie comme un manque d’intérêt de la France envers la région et sa culture, sans que la réception des radios et des chaînes du sud ne compense réellement car, si la langue est la même, les thèmes et les contextes sont très différents, voire étrangers. Les Directions régionales de F3 et de Radio-France affirment qu’il n’est pas nécessaire de s’occuper davantage du catalan, car elles le considèrent servi par les émissions du sud, sans s’apercevoir qu’elles contribuent ainsi à créer et à renforcer des divisions au sein de la population et qu’elles nuisent aux intérêts de la France.

À Radio-France-Roussillon la présence du catalan est anecdotique et limitées à des émissions de chansons ou à contenu folklorique. Ràdio Arrels, une radio associative, émet entièrement en catalan. La chaîne de télévision F3 diffuse depuis quinze ans une émission d’un quart d’heure bi-mensuel en catalan, ainsi qu’un bulletin hebdomadaire d’informations (encore non définitif) de 6mn depuis juin 1999.

Les quatre chaînes publiques espagnoles et catalanes peuvent être reçues en Catalogne française et dans tout le sud du département de l’Aude. Si bien qu’il est possible de voir à Perpignan entre 35 et 42 heures quotidiennes d’émissions en catalan, auxquelles il convient d’ajouter les 13mn de moyenne hebdomadaire que diffuse la télévision régionale F3.

Édition  Faute de moyens financiers et de diffusion, l’édition locale en catalan est assez réduite, au total de dix à vingt titres par an. Pour l’essentiel il s’agit des publications de la revue Terra Nostra et des éditions El Trabucaire, ainsi que quelques ouvrages édités à compte d’auteur. Plusieurs ouvrages par an écrits par des auteurs roussillonnais sont édités à Barcelone et diffusés dans l’ensemble de l’aire catalane.

Littérature  Malgré ces limitations, la littérature en catalan en Catalogne Nord est relativement riche. Une vingtaine d’auteurs actuels (roman, poésie, essai) publient régulièrement en catalan, à Perpignan ou à Barcelone. Les œuvres complètes de trois auteurs roussillonnais contemporains ont été publiées dans des collections barcelonaises.

Chanson  Le mouvement de la Nova Cançó a eu beaucoup de vitalité - et peu de moyens - il y a une vingtaine d’années. Il a contribué à la prise de conscience identitaire. Il s’y rajoute, dans les années 90, deux auteurs qui obtiennent un écho au-delà de la Catalogne Nord, le chanteur Gérard Jacquet et le compositeur Pascal Comelade. Au total, ce sont 24 chanteurs, groupes ou chorales qui se produisent plus ou moins régulièrement.

Usage et transmission de la langue Des travaux de sociolinguistique et différentes enquêtes menée par l’ICRESS montrent que la situation actuelle du catalan se caractérise par une stabilisation dans la pratique et la connaissance du catalan. Ce maintien, malgré le fort mouvement migratoire, repose essentiellement sur le loyalisme linguistique. Le nombre de personnes ayant une bonne compétence linguistique croît avec l’âge (16% des 18-24ans, 35% des 25-44 ans, 55% des 45-64 ans et 73% au-delà).  Mais il faut aussi prendre en compte l’apprentissage et l’impact des cours pour adultes sur les non-catalanophones et les nouveaux arrivants. La proportion est la même chez les hommes et les femmes. L’utilisation professionnelle du catalan s’est développée hors de ses bastions traditionnels (agriculture, bâtiment, transports) et la compétence en langue catalane apparaît dans le profil de certaines offres d’emploi et des actions de formation continue.

A la demande du Conseil régional de Languedoc-Roussillon, deux enquêtes portant sur un échantillon représentatif de la population des Pyrénées Orientales, ont été effectuées par le cabinet Média Pluriel à peu d’années d’intervalle (mars 1993 et octobre 1997) ; cependant les résultats sont sensiblement différents. S’agissant d’enquêtes déclaratives effectuées en français sans vérification de la compétence linguistique des locuteurs la variation est probablement la conséquence directe du contexte du moment. En effet l’enquête de 1993 a été effectuée dans un climat d’euphorie dû à l’intensification des échanges économiques et culturels avec la Catalogne-Sud. En octobre 1997, au contraire, il est probable que l’attitude d’une partie des enquêtés a été plus prudente car il y avait, à ce moment là, beaucoup de tension médiatique autour du catalan.

Principaux résultats :  - déclarent comprendre le catalan, 1993 : 63 % ; 1997 : 55%  - déclarent savoir bien le parler, 1993 : 49% ; 1997 : 34% - déclarent savoir le lire, 1993 : 40 % ; 1997 : 39 %. En ce qui concerne les pratiques et les représentation il apparait que : - 36% des personnes interrogées écoute la radio en catalan, régulièrement ou de temps en temps ; la moitié regarde des émissions de télévision en catalan (1993). - 48% affirme son attachement au catalan (1997) ; - 83%, pense que la possibilité d’apprendre le catalan soit offerte à tous les élèves (1993).  - 62% souhaite (ou aurait souhaité) que ses enfants apprennent le catalan (1997).  - 22% de ceux qui le comprennent voudraient se perfectionner (1997). - 17% de ceux qui ne le comprennent pas souhaitent apprendre le catalan (1997). (Les pourcentages sont à rapporter à la population des Pyrénées Orientales qui est de 370 000 habitants) Les résultats de ces enquêtes ont été en grande partie confirmés par les travaux universitaires de l’ICRESS qui, eux, comportent la vérification de la compétence linguistique des personnes enquêtées.

Enseignement  Le catalan étant langue officielle ou co-officielle en Andorre, en Catalogne, au Pays Valencien et aux îles Baléares, il entre dans les enseignements primaire, secondaire et supérieur, à la fois comme matière d’enseignement et comme langue véhiculaire.

Dans les Pyrénées Orientales, pour l’année scolaire 1998-1999 et dans l’enseignement public, 19,1% des élèves suivent un enseignement de catalan en primaire, toutes modalités confondues, et 6,1% dans l’enseignement secondaire, soit au total 8.174 élèves, dont 1% en enseignement bilingue : on est loin du souhait des parents dont 37,8 % souhaitent que leurs enfants reçoivent un enseignement bilingue français-catalan.

A l’Université de Perpignan un département d’Études catalanes a été créé en 1982. Il assure un cursus complet (DEUG , Licence, Maîtrise, DEA, Doctorat) ainsi que des enseignements de catalan dans le cadre des diplômes de Langues étrangères appliquées et Français langue étrangère. Il délivre également des diplômes d’Université. Des enseignement de catalan existent également à l’Université de Paris IV (Sorbonne) et à l’Université de Montpellier.

D’après Joan BECAT (Université de Perpignan) et Jean SIBILLE (DGLFLF)

Type de langue: 
Langues régionales hexagonales