Drubea

1. Nom de la langue : drubea, nââ drubea (« langue drubea »), écrit aussi dubea, djubea, nraa drubea.

2. Famille linguistique, indications d’ordre linguistique : langue océanienne du groupe néo-calédonien - groupe des langues du sud de la Grande Terre, sous-groupe des langues de l’extrême-sud. De légères différences dialectales existent entre le drubea de la côte est (Unia) et celui de la côte ouest (région de Païta). A Païta, on distingue encore entre le dialecte de l’intérieur et celui du bord de mer.

3. Aire géographique. Le drubea est parlé dans quatre villages situés à proximité de Paita : Col de la Pirogue, Bangou, N’dé et Naniouni. Ces villages regroupent les restes d’une population disséminée autrefois entre la Dumbea et la plaine côtière s’étendant jusqu’à La Tontouta. Une autre fraction de la population réside sur la côte est, par delà le massif montagneux de la chaîne centrale, dans le gros village d’Unia.

4. Nombre de locuteurs : 1 800 environ, dont 676 à l’extérieur de la zone traditionnelle d’implantation. Autres estimations : Leenhardt (LDAM, 1946) 700 ; Rivierre (1982) 1 169 ; recensement ITSEE de 1996 (>14 ans) 946

5. Publications littéraires ou religieuses, écriture. Il n’existe pas de publication religieuse en nââ drubea. Les seuls travaux effectués par la mission mariste dans l’extrême-sud l’ont été en « kapone » de l’île des Pins. Le système d’écriture utilisé par le linguiste T. Shintani, dans le courant des années quatre-vingt, semble avoir connu un début de diffusion en milieu associatif. Toutefois il ne semble exister encore aucune publication littéraire.

6. Analyses et documents linguistiques.  La liste d’un millier de mots publiée dans Leenhardt (LDAM, 1946, n° 10) est précédée d’une brève présentation du « dubea » (pp.64-68). Cette liste, ainsi que la liste de 200 mots de Swadesh recueillie par G.W. Grace (1955), ont été revues et enrichies par A.-G. Haudricourt en 1963, lors d’un séjour à Unia et dans la région de Païta (villages du col de la Pirogue, Ndé et Naniouni). La collecte d’Haudricourt comprenait notamment des nomenclatures du monde naturel, quelques textes à caractère historique et quelques contes. L’étude de cette langue a été reprise par J.-C. Rivierre qui a travaillé à Unia et enquêté aussi au col de la Pirogue ainsi qu’à Bangou durant plusieurs mois de l’année 1966. La tonologie, la phonologie synchronique et diachronique du drubea ont été exposées en détail dans Rivierre (1973) et dans quelques articles de linguistique historique. Le matériel lexicographique ainsi que les textes d’Haudricourt et de Rivierre ne sont pas encore publiés. Ces enquêtes ont été complétées par les travaux du linguiste japonais T. Shintani qui a enquêté sur le drubea de la région de Païta dans le courant des années 1980 et publié la plus grande partie de ses résultats, en collaboration avec son informatrice Yvonne Paita.

Y. PAITA et SHINTANI T.L.A. 1983, Esquisse de la langue de Païta, SETOM, 255 p.

SHINTANI T.L.A. et Y. PAITA, 1990a, Dictionnaire de la langue de Païta, Nouméa, Société d’Etudes Historiques de Nouvelle-Calédonie, 251 p.

SHINTANI T.L.A. et Y. PAITA, 1990b, Grammaire de la langue de Païta, Nouméa, Société d’Etudes Historiques de Nouvelle-Calédonie, 114 p.

Les textes recueillis par cet auteur ont été publiés en 1992 dans l’ouvrage collectif M. Genet et al., Textes en nraa drubea , Tokyo, ILCAA, 163 p. A noter aussi la publication d’un texte en langue drubea dans la revue Mwa Véé, 2001, N° 31, pp. 21-23.

Une étude phonétique du drubea a été publiée par Matthew Gordon and Ian Maddieson dans la revue Oceanic Linguistics , en juin 1999 (pp. 66-90).

7. Enseignement. Une expérience d’enseignement en langue drubea a été menée à Unia pendant plusieurs années au sein d’une école Populaire Kanak (EPK).

Type de langue: 
Nouvelle-Calédonie