Émérillon

Autre nom

teko

Famille de langues

famille tupi-guarani (Autre langue de la même famille parlée en Guyane : le wayampi, dont l’émérillon est linguistiquement très proche).

Principales caractéristiques linguistiques

La phonologie de l’émérillon présente entre autres deux voyelles centrales étirées, dont seule la plus fermée subsiste dans le sous-système des voyelles nasales, ainsi qu’une série de trois occlusives prénasalisées.

Sa syntaxe, de type accusatif comprend des verbes transitifs et intransitifs, marqués par des préfixes personnels. Dans le cas des verbes transitifs, il y a des préfixes sujets et objets, mais une seule place est occupée, en fonction d’une hiérarchie personnelle (les personnes intralocutives se maintiennent face à une 3e personne, et la 2ème se maintient face à la 1ère). Par exemple : a-kuwa je (le) connais (a-, sujet 1ère personne) mais e-kuwa (il) me connaît (e-, objet 1ère personne). Les préfixes objets se retrouvent sur les noms, pour marquer la possession mais aussi une prédication de type avoir : e-kiya mon hamac ou j’ai un hamac. Ce dernier trait a suscité chez certains spécialistes des langues tupi-guarani l’idée qu’il révèle plutôt l’existence de verbes statifs, ce qui naturellement débouche sur un type d’actance actif/statif.

Aire géographique en Guyane

A l’Ouest, sur le haut Maroni et le Tampock (villages d’Elahé et de Kayodé) ; à l’Est, sur le moyen-Oyapock (village de Camopi) . A noter que l’émérillon est la seule langue amérindienne qui soit parlée exclusivement en territoire français

Nombre de locuteurs

environ 400. On compte de nombreux bilingues émérillon/wayana à l’Ouest. A l’Est, une tradition bien établie veut que lors d’une conversation entre Emérillon et Wayampi, chacun des locuteurs parle sa langue ; il existe cependant quelques bilingues émérillon/wayampi.

Histoire

Les Emérillons sont l’un des nombreux groupes qui constituaient au XVIIe siècle la langue septentrionale de la migration tupi-guarani, et qui pour la plupart ont disparu dans les épidémies liées à la conquête européenne, et les regroupements forcés menés par les missionnaires de l’Oyapock. Le salut des Emérillons (et probablement des quelques survivants des autres groupes qui s’étaient joints à eux) tient à une pratique systématique de la dispersion en très petits groupes, mais ils se sont trouvés vers 1950 au bord de l’extinction (une cinquantaine d’individus). On a pu assister depuis à une remontée démographique spectaculaire, due à la fois à l’amélioration de la couverture sanitaire, et à une politique d’alliances matrimoniales avec les groupes voisins (wayana à l’Ouest, wayampi à l’Est).

Ecriture, travaux sur la langue

Il existe très peu d’écrit. Quelques textes (contes) parus dans F. Grenand, L. Navet et O. Renault-Lescure Contes amérindiens de Guyane (voir ci-dessus) ainsi que dans les fascicules de l’association Cric-Crac (Ecole de Maripasoula).

Enseignement

Il existe une expérience de médiateur culturel bilingue à l’école d’Elahé.

Source : CNRS, CELIA

Type de langue: 
Zone Caraïbe