Saramaka

Autre nom

saramacca (simple variante orthographique), saamaka (autodénomination)

Famille de langues

Créoles à base anglaise du Surinam (voir ci-dessus)

Principaux traits linguistiques

Du point de vue phonologique, certaines analyses font état d’un système à 7 voyelles correspondant à 4 degrés d’aperture (contre 5 voyelles et 3 degrés d’aperture en aluku-ndjuka-paramaka) : on note alors parfois ë et ö pour les voyelles semi-ouvertes (en gardant e et o pour les semi-fermées). Mais ces analyses demandent probablement à être affinées en tenant compte des tons et de la quantité.

La grammaire du saramaka est très proche dans ses structures de celle du nenge(e). Plusieurs morphèmes grammaticaux diffèrent : ainsi l’imperfectif est en tá (e en nenge(e)), la marque du complément d’attribution est da (gi en nenge(e)). Le déterminant défini a la forme di (contre a en nenge(e)). Ces différences grammaticales ne sont souvent que l’un des aspects de l’importance du vocabulaire d’origine portugaise, comme le montre tableau comparatif ci-dessous :

FRANÇAIS SARAMAKA NDJUKA homme wómi (<port. homem) man (<angl. man) femme mujè (<port. mulher) uman (<angl. woman) vouloir kè (<port. querer) wani (<angl. want) donner da (<port. dar) gi (<angl. give) parler fan (<port. falhar) taki (<angl. talk) arbre páu (<port. pau) bon (<néerl. boom) pluie tjúba (<port. chuva) alen (<angl. rain) vent véntu (<port. vento) winta (<angl. wind) boire bebè (<port. beber) diingi (<angl. drink)

Cependant la plus grande partie du vocabulaire est d’origine anglaise et semblable à celui du nenge(e) : kii tuer (< kill), naki frapper (< knock), koti couper (< cut), go aller (< go), wosu ou osu maison (< house), wata ou wataa eau (< water), dagu chien (< dog), si voir (< see), bigi grand (< big), buku livre (< book), fisi poisson (<fish) etc. Il existe aussi des mots d’origine portugaise qu’on trouve aussi bien en nenge(e) qu’en saramaka, p.ex. kaba finir (< acabar), pikin petit (<pequeno), bunu ou bun bon (< bom), sabi savoir (<saber) etc.

Aire géographique

- en Guyane : région de Saint-Laurent et de Mana (en particulier sur les départementales CD8 et CD9) ; dans plusieurs communes de l’Est (Kourou, Cayenne, Macouria, Saint Georges) - Ailleurs : Surinam central ; émigration aux Pays-Bas.

Nombre de locuteurs

en Guyane : environ 14 500 ; ailleurs : environ 36 000

Histoire

Les Saramaka, comme les Matawai, ont dû marronner à partir de plantations tenues par des Juifs portugais ayant fui avec leurs esclaves le Nordeste brésilien (ce qui explique l’importance du vocabulaire portugais dans leur langue). Après des relations très conflictuelles avec les Hollandais, ils sont parvenus à un accord de paix (1762) et sont restés autonomes jusque vers 1950. La guerre civile du Surinam dans les années 80 a causé une importante émigration du Surinam vers la Guyane française.

Ecriture, travaux sur la langue

Il existe très peu d’écrit, à part (comme pour le ndjuka) les publications du S.I.L. : le Nouveau Testament (Gadu buku), un manuel de conversation plurilingue (Wakaman buku) et quelques fascicules d’intérêt religieux ou sanitaire, ainsi qu’une petite grammaire.

Enseignement

On ne connaît aucune présence scolaire en Guyane française.

Vie quotidienne

RFO diffuse cinq jours par semaine Sabi u seey moo bunu, émission de quelques minutes sur la langue et la culture saramaka, par Michel Edwards

Source : CNRS, CELIA

Type de langue: 
Zone Caraïbe