Sîshëë

1. Nom de la langue : sîshëë [transcrit aussi : zirë, sirhë, yirhë]

2. Famille linguistique, indications d’ordre linguistique ou sociolinguistique.  Le sîshëë forme un sous-groupe avec la langue de La Foa. [Haudricourt (1971)]. Selon C. Lercari (1994) « le dernier locuteur de langue première sîchëë est décédé en 1985 ». Toutefois, vers la même époque une vingtaine de personnes parlaient cette langue, principalement à Moméa mais aussi à Azareu et à Gouaro où elles étaient en contact avec les autres langues de la région (ajië, ’ôrôê, neku). Il s’agissait semble-t-il de locuteurs plurilingues n’ayant pas, pour la plupart, le sîshëë comme langue première. Dans le recensement de 1996, quatre personnes se déclarent encore comme locuteurs sîshëë. On peut penser que ces personnes se réclament d’un lignage ou d’un clan parlant traditionnellement le sîshëë, sans nécessairement pratiquer cette langue.

3. Aire géographique.  Selon M. Leenhardt (1946) le sîshëë était parlé sur le littoral de Bourail, au village de Nessadiou. C. Lercari (1994) pense que les locuteurs de cette langue s’échelonnaient autrefois « sur une portion de littoral de la côte est [ouest] entre la pointe de Nessadiou et la presqu’île de Ouano », c’est-à-dire sur une portion de rivage d’une cinquantaine de kilomètres, entre Bourail et le sud de La Foa. En 1946 Leenhardt dénombrait 18 locuteurs « vivant en majorité en groupe familial au village de Goaro » (proche de Bourail). Au début des années 1980, selon C. Lercari, les derniers locuteurs de cette langue résidaient principalement au village de Moméa, à proximité de Moindou.

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4. Nombre de locuteurs : le sîshëë est une langue en voie d’extinction (cf. 2).

5. Publications, documents, écriture.

Il n’existe pas de tradition d’écriture.

Un relevé lexical de Leenhardt a été publié dans LDAM (1946) sous le nom « sirhë », n° 5, précédé de quelques pages de notes linguistiques (pp. 38-42).

LERCARI C., 1994, Textes sîshëë (Nouvelle-Calédonie). Esquisse phonologique, lexique, Cahiers de Recherches Austronésiennes N° 2, INALCO, 227 p. [Le recueil comporte une dizaine de textes de littérature orale, avec une traduction littéraire et un mot à mot].

Jean-Claude RIVIERRE (CNRS, LACITO)

Type de langue: 
Nouvelle-Calédonie