Tîrî

1. Nom de la langue : tîrî, cîîrî, tinrin, langue de Grand Couli, langue de La Foa, (notée ciri par Leenhardt).

2. Famille linguistique, indications d’ordre linguistique ou sociolinguistique. Le tîrî fait partie du groupe sud des langues kanak, de même que le xaa méa, considéré par G.W. Grace comme étant une variante dialectale du tîrî. Le tîrî possède 14 voyelles brèves et autant de longues, ainsi que 30 consonnes. La structure syllabique ne permet ni les successions de consonnes ni les consonnes finales. L’accent démarcatif porte sur la première syllabe. L’opposition verbo-nominale se définit essentiellement par l’examen du contexte grammatical. L’ordre des mots non marqué est VSO lorsque les actants sont nominaux, mais le verbe est toujours précédé d’un indice personnel sujet. Le sujet nominal postposé est introduit par la préposition nrâ.

3. Aire géographique Le tîrî est parlé dans la région de Couli/Sarraméa, dans les tribus de Petit Couli et Grand Couli et, mélangés à d’autres langues, à La Foa, Pocquereux, Katrikoin et Sarraméa. Le xaa méa est parlé principalement dans les tribus de la chaîne au-dessus de Kouaoua, à Konëi, Wérupimé et Wââbe (Méchin), à Facha, et dans quelques familles à Méa Mébara.

4. Nombre de locuteurs : environ 400 pour le tîrî, et sans doute au moins autant pour le xaa méa.

5. Publications littéraires ou religieuses, écriture. Il n’existe aucune tradition d’écriture. Le dictionnaire de G.W. Grace utilise les caractères phonétiques. Dans sa grammaire, M. Osumi utilise une notation qui lui est propre, parfois inspirée de l’écriture missionnaire des langues des îles Loyauté : rétroflexes à l’aide d’un r (dr, tr, nr, rr), interdentale avec un h (dh), parfois inédite, comme pour la voyelle /o/ ouverte, notée /ó/.

6. Analyses et documents linguistiques.

G.W. Grace a publié un dictionnaire en 1976 dans lequel il inclut à la fois les entrées communes au tîrî et au xaa méa, et les entrées qui sont spécifiques à chacune de ces variétés. M. Osumi a publié une grammaire en 1995. En dehors du récit mis en annexe dans cette grammaire, un conte « Les aigles Meïo » a été publié en tîrî par Edmond Kawa. L’ethnologue P. Pillon a publié plusieurs articles basés sur une étude de la tradition orale, et en particulier des discours sur le bois, les « viva » de la région Méa-Mébara (voir par exemple Journal de la Société des Océanistes, 94 : 81-101).

GRACE G.W., 1976, Grand Couli dictionary, Canberra, Australian National University, Pacific Linguistics, Series C-2, 113 p.

KAWA E., 1986, Les aigles Meïo, d’après une légende de Couli, Nouméa, Office culturel scientifique et technique canaque, 12 p.

OSUMI M., 1995, Tinrin Grammar, Oceanic Linguistics Special Publication n°25. Honolulu : University of Hawai’i Press, 304 p.

Jean-Claude RIVIERRE (CNRS, LACITO)

Type de langue: 
Nouvelle-Calédonie