Wayampi

Autres formes

wayãpi (waiãpi au Brésil) ou oyampi (forme aujourd’hui obsolète)

Famille de langues

famille tupi-guarani (Autre langue de la même famille parlée en Guyane : l’émérillon)

Grand traits linguistiques

Le wayampi a 11 consonnes, dont l’occlusion glottale, très présente et surtout distinctive entre deux voyelles (ainsi ka’a forêt opposé à kaa guêpe) et deux séries symétriques de 6 voyelles orales et nasales, dont la voyelle centrale notée i.

En syntaxe, on note la coexistence d’énoncés à prédicat verbal (o-ke il dort) et à prédicat nominal (i-pili’ay sa sueur = il transpire). La présence du préfixe sujet est obligatoire, même lorsque le sujet est explicité, ce qui donne des énoncés du type maman, elle tisse.

On trouve, comme dans de nombreuses autres langues de la famille, la forte présence d’un système relictuel de détermination nominale, préfixée pour la non-appartenance (t-uwiyã le chef), entre la marque personnelle et le radical nominal pour l’appartenance (e-l-uwiyã mon chef). Ce système s’applique à ce qui touche de près la personne, principalement les parties du corps, les termes de parenté et certains biens mobiliers. Il y a des cas de supplétion (c.-à-d. de construction de la forme d’appartenance sur un radical différent de celui de la forme de non-appartenance), ainsi mi le hamac, mais e-kea mon hamac. Contrairement au pluriel verbal, le pluriel nominal, peu usité, est réservé pour lever les ambiguïtés.

La composition et la dérivation lexicales sont une des caractéristiques majeures de cette langue. La première fonctionne en respectant l’ordre déterminant-déterminé, la seconde est uniquement basée sur la suffixation ; des cas de mixité existent bien évidemment. Extrêmement productives, ces formes se rencontrent en particulier dans les riches nomenclatures faunistique et botanique, où l’on peut compter des successions de cinq dérivo-composés et où des termes de sept ou huit syllabes ne sont pas rares, tel tapi’i-ka’a-lulu-sili petite herbe à enflure du tapir (psychotria cupularis). Les mêmes procédés fonctionnent aussi pour des créations provisoires, et, bien sûr, viennent alimenter l’importante néologie due au contact avec le monde moderne.

La coordination, qu’elle soit lexicale ou propositionnelle, est uniquement marquée par la juxtaposition. Pour l’expression des relations relatives, circonstancielles, conditionnelles etc., les phrases complexes existent, mais on s’arrange souvent pour leur préférer la juxtaposition de phrases simples, du type il pleuvait : je ne suis pas venu. Quant au passif, il est rendu par une tournure du type le jaguar mangeur de pécari.

Aire géographique

- En Guyane : commune de Camopi (au bourg de Camopi sur le moyen Oyapock et à Trois Sauts sur le haut-Oyapock). - Ailleurs : au Brésil (affluents de l’Amapari)

Nombre de locuteurs

- En Guyane : 710, tous locuteurs. Le wayampi est la langue amérindienne de Guyane qui compte le plus fort taux de monolingues. - Ailleurs : Au Brésil, environ 540 personnes, toutes locutrices. Le nombre total de locuteurs doit ainsi approcher 1 250.

Histoire

Les Wayampi sont originaires du Sud de la région amazonienne (bas Xingu) et ont dû s’établir dans leur territoire actuel au début du XVIIIe siècle, époque à laquelle ils s’allièrent aux Portugais contre les Français. Touchés par une chute démographique catastrophique, ils se replièrent dans la forêt et ne reprirent contact avec le monde occidental qu’à partir de 1940.

Ecriture, travaux sur la langue

Il existe peu d’écrits. Quelques textes (contes) sont parus dans F. Grenand, E. Navet et O. Renault-Lescure Contes amérindiens de Guyane (voir ci-dessus). Il existe une grammaire par Françoise Grenand (La langue wayãpi, 1980) et du même auteur un Dictionnaire wayãpi-français, 1989, ainsi qu’un ouvrage d’ethnoécologie par Pierre Grenand (Introduction à l’étude de l’univers wayãpi, 1980), qui contient des nomenclatures en langue.

Enseignement

Après une expérience d’éducation bilingue de 1971 à 1976 à l’école de Trois Sauts, l’enseignement est redevenu entièrement francophone.

Source : CNRS, CELIA

Type de langue: 
Zone Caraïbe